CHUT

Je suis frustré.

J’adore la musique électro et, alors que ce courant musical autrefois décrié envahit toutes les villes de France, Montpellier fait de la résistance.
La municipalité fraichement élue semble tourner de l’oeil à chaque fois qu’elle aperçoit une platine et un concert de techno dans un parc choque autant qu’un plug anal place des Vosges à Paris…

Heureusement, je ne suis pas le seul à déplorer cet état de fait. Samedi dernier, 4000 personnes manifestaient en musique dans les rues de Montpellier pour revendiquer une vraie place pour cette culture au sein de la ville.

Cette jolie parade festive et revendicative a fait vibrer les rues de l’Ecusson durant toute un après-midi. Et c’était chouette.

D’ailleurs pour accompagner la suite de l’article, je vous propose de lancer le morceau Parade de Rone qui s’affiche juste au dessous :

Montpellier à contre-courant

Contrairement à ce que pourrait laisser croire les revendications des manifestants, l’électro a actuellement vraiment la cote en France. Plusieurs grandes villes du pays se disputent le titre de capitale de l’électro à grand renfort de festivals et événements d’envergure.

A l’heure du marketing territorial, certaines municipalités voient en la musique électro un formidable outil de communication. Car dans la compétition des métropoles, l’attractivité passe aussi par la case musique en générale et par l’électro en particulier. Berlin et Londres seraient-elles aussi cools sans leur scène électro ?

Ces dernières années les festivals de musique électro se sont multipliés aux 4 coins du pays. Depuis 2 ans, c’est carrément le Grand Paris qui organise son propre festival, le Weather Festival afin de faire rayonner la capitale en dehors de ses murs. Durant 4 jours et 3 nuits, les plus grands DJ’s internationaux ont investit l’Institut du monde arabe, le Bourget et le Parc de la Bergère à Bobigny.

Weather Festival

Le Weather Festival investit le Bourget © Jacob Khrist

A Lyon, le festival Nuits Sonores, embrase la ville depuis plus de 10 ans, durant le week-end de l’ascension. Ce festival n’a pas lieu dans un parc des expos en banlieue (Coucou I Love Techno) mais au coeur même de la ville. Non seulement la Ville de Lyon voit le festival d’un très bonne oeil, mais elle ouvre ses places, ses rues, ses parcs, ses musées et autres monuments aux nombreux événements du festival. Cerise sur le platine : c’est carrément l’Hotel de Ville qui sert d’écrin au centre d’accueil du festival.  L’année dernière plus de 130 000 personnes sont venues des 4 coins de l’Europe assister aux 5 jours de festivités. Autant dire que la municipalité se frotte les mains en matière de retombées économiques et d’images… Et sans s’inquiéter de faire passer Lyon pour un ville de drogués.

NS Days 1Le quartier de la Confluence investi par les Nuits Sonores à Lyon © Brice Robert

Les Siestes Electroniques à Toulouse, Astropolis à Brest, les plages électroniques à Cannes… rares sont les villes actuellement qui n’affichent pas fièrement leur festival électro.

Et pendant ce temps à Montpellier…

Du coté de Montpellier, la surdouée, la ville jeune et étudiante, on entend encore des discours qu’on croyait disparus avec les années 90. Et oui, nous sommes en 2014, la musique électro s’est assagie (les grincheux diront embourgeoisée). Les raveurs ont grandi, ont fondé une famille et ont fait découvrir l’électro à leurs mômes. Bref, ce genre musical est devenu fréquentable et s’épanouie de plus en plus en milieu urbain.

La preuve en est avec la mode des Open Airs qui déferlent depuis 2-3 ans sur la France. Ces événements électro qui se déroulent dans des parcs en journée se veulent avant tout conviviaux et familiaux. On y vient avec son pique-nique, on s’y prélasse dans l’herbe avant d’aller bouger un peu son corps quand l’ambiance monte et que l’événement tend à sa conclusion (les open air finissant généralement avant que le nuit tombe).

C’est ce que essaye de mettre en place l’équipe du Family Piknik depuis 3 ans, sous l’oeil accusateur de la Marie de Montpellier.

family

Family Piknik en juillet dernier au Parc Grammont

Frustration !

Bref, je suis frustré :

En tant qu’amoureux de ce genre de musique. Je suis trop jeune pour avoir connu les raves parties, mais c’est vraiment une musique qui me fait planer (et sans drogue promis !). La scène électro à Montpellier est malade. J’aimerais pouvoir écouter de l’électro dans la rue, dans les bars du centre ou dans des lieux insolites (Non ! Les boites de nuits du coté de Pérols et Lattes ne sont pas insolites !), comme je peux le faire dans d’autres villes.

En tant qu’amoureux de Montpellier. Parce que toutes ses attaques à l’encontre de ce genre musical alors que les autres villes d’Europe l’accueille à bras ouverts (certes davantage pour des raisons économiques et marketing que musical, je ne suis pas dupe), écornent énormément l’image de ville jeune et dynamique dont notre bonne vieillie cité jouit jusqu’à présent… Je serais vraiment dégouté si Montpellier finit par devenir la capitale de l’ennui.

N’hésitez pas à compléter cet article dans les commentaires avec votre perception de la musique électro et sa place à Montpelier.

Apéro Glasgow_ Ubre Blanca 30_05_2014

La ville en bonne intelligence…  © Brice Robert