Fête foraine et toro piscine sont les piliers historiques du patrimoine culturel de Palavas. Ils ont forgé mes souvenirs d’enfance et un flyer aguicheur titilla mon envie d’y retourner.

Welcome to Fabulous Palavas

Le Lunapark se drape nuitamment d’un habit de lumière chamarré et flamboyant à faire passer Las Vegas pour une ville éteinte de Corée du Nord. Il relègue les créations visuelles des plus virulents coloristes du cinéma Bollywoodien au rang d’insipides pastels.

The Parking Tuning Show

Les jours d’affluence, les « Jackys » locaux improvisent un show de tuning sur le parking assorti de « burn » sur la route adjacente. Reconnaissons qu’en véritable Docteur Frankenstein de l’automobile, ils savent épouvanter le chaland avec leurs effrayantes créations.

Cependant, un pare-buffle sur la calandre protège des piétons les plus agressifs. Agrémenté de flammes rouges sur les portières et d’un aileron de deux mètres sur le coffre, il donne une touche de bestialité qui valorise judicieusement une citadine un peu fade.

Folklore taurin & bonne grosse poilade

Juste à coté, les Arènes « El Cordobes » célèbrent régulièrement une désopilante tradition taurine: le toro piscine. « Rires », « primes » et « vachettes » sont garantis aussi bien dans la version basique du jeu que pour le fabuleux « Toro Mousse Disco Mega Show » auprès duquel « Intervilles » fait office de prestigieux gala mondain.

Le total look « just out of beach » (short de plage ensablé sur marcel maculé d’huile de beignet, résidus d’algues séchées sur les mollets et bigorneaux variés collés aux cheveux) est exigé pour entrer.

Naseaux contrariés, esgourdes martyrisées

En arrivant, nous sommes happés par les puissants effluves de la fête foraine, des plus alléchants jusqu’aux éprouvants remugles de crème solaire et sueur mêlées. L’atroce mixture est péniblement masquée par un déodorant discount dont la subtile fragrance « fraîcheur marine » rappelle davantage le désodorisant WC que les embruns du Pacifique.

Nous progressons sous un feu nourri de « summer hit » digne des mémorables succès musicaux de nos éphémères ménestrels cathodiques. Je pense bien sûr à « cuitas les bananas », hymne philosophico-fruitière de Philippe Risoli sans oublier « Bo le lavabo », vibrant hommage aux lieux d’aisance de Vincent Lagaf.

Nous continuons au pas de charge afin d’éviter les scuds musicaux. A l’entrée, des manèges pour enfant. Au fond, des trucs plus couillus. L’«Extrême », bien que viril, n’est qu’une mise en bouche devant le « GMax », strictement réservé aux camionneurs tatoués.

La frustration du mollusque

En sortant, nous passons devant les jeux d’argent. Je snobe la divination au rabais (2 euros la prophétie, c’est pas sérieux) et stoppe net devant la machine à pince. Le « Mega Price » est une somptueuse toquante brillant de mille feux. Son énorme cadran plaqué or et cerclé de diamants achève de me convaincre. J’y passerai le temps qu’il faut mais je l’aurais.

Une centaine d’euros et quelques minutes de pêche aux miracles plus tard j’ai enfin une touche. Damned ! C’est une boule à neige avec un pétoncle fushia siglé « Souvenirs de Palavas les Flots». Dépité, je fuis ce lieu de perdition et me jure de n’y jamais remettre les pieds !